Emile Zola

 

 

 

 

 

 

 

 

Emile Zola  (1840-1902) devient-il mon auteur favori du XIXème ? Difficile de l'affirmer car le triptyque Flaubert, Maupassant, Zola, rayonne de façon éblouissante, quelle que soit l'œuvre que je lise. Nana, Germinal, Pot-bouille,... autant de textes qui m'ont transporté en ce siècle où l'amour n'existait au mieux que pour l'ouvrier, la bourgeoisie étant assujettie aux questions de la dot, de l'argent des commerces, des qu'en-dira-t-on, de l'hypocrisie générale... Zola dépeint, avec une précision d'horloger, la bourgeoisie pathétique de cette époque, où il demeure, avec sa famille, l'éternel résidant silencieux du second étage (qui a lu Pot-bouille comprendra aisément !). Démonstration de style à toutes les pages, à l'instar des deux autres titans précédemment cités, j'ai pris pour habitude d'en savourer les leçons dans un jardin public, près d'une maison bourgeoise située aux abords de Nantes, les fantômes de l'imaginaire émilien chuchotent alors auprès de moi. Et puis, Zola nous rappelle que la médiocrité a traversé les siècles, la « dot » dont il est très souvent question dans les couples, est présente sous d'autres formes dans notre début de vingt et unième siècle : le banquier épousera toujours la banquière, l'ouvrier l'ouvrière, et les bonnes clabauderont toujours joyeusement sur leurs maîtres, dans la pénombre d'une arrière-cour. C'est ainsi, l' « éternel recommencement » a-t-on pour coutume de soupirer. En reprenant mon travail, remis à ma place quant au labeur qu'il faut donner, sans mesure, avec acharnement, tous les jours, j'ai cru ressentir Monsieur Emile Zola, telle une présence spirite, alors que je tapais sur mon ordinateur (enfin : sur le clavier !) ; secouait-il la tête de dépit en découvrant l'actualité du monde comme je surfais sur le Web, ajusta-t-il son binocle sur le nez en approchant de l'écran pour étudier cette « curiosité » où moult images apparaissent et disparaissent à loisir, où toute une myriade de couleurs chatoie, où il est possible de revoir ses photographies, dans un cadre tout à fait particulier ?... J'ai ressenti Zola, Flaubert, Maupassant, tel que si je les avais reçus ! Ils étaient assis sur ma petite banquette, à échanger quelques propos, inaudibles pour le vivant que je reste encore, quelques rires aussi ; parfois je croyais distinguer de grands gestes de leur part pour illustrer leur discussion, ils étaient dilettantes et passaient une bonne soirée, désormais loin de la matière, continuant leur œuvre. Moi aussi je crois à la puissance de l'esprit après la mort, l'œuvre que l'on a sous les yeux est immense, peut-être, mais elle est aussi le reflet d'un monde parallèle, c'est ce que je crois, à titre tout à fait personnel.