Christine Angot

 

Christine Angot (1959- ...), beaucoup ne l’aiment pas, la jugent de façon très dure, d’après ce que j’ai pu lire sur le Net ; pour ma part j’ai rarement vu un auteur si entier, qui n’a rien à cacher, et qui transforme son vécu en un texte très abouti, très travaillé, réglé au micron près. Elle a une gueule, que ce soit sur les couvertures de ses livres - où elle se met volontiers en scène - ou à la télévision, à l’occasion de ses rares apparitions. Moi, Angot, elle m’hypnotise, difficile d’extraire un échantillon de ses livres, il faut lire ces derniers d’une traite, écouter cette femme qui bouleverse, qui secoue, qui hurle, qui crie, qui murmure, qui se livre absolument. Elle ne triche pas, quand ça coupe ça coupe, quand ça brûle ça brûle, quand ça caresse ça caresse. Cependant, on aime ou on n’aime pas - le propre des gens entiers. J’ai enchaîné la lecture de quelques uns de ses livres, ne pouvant plus lire autre chose ; c’est l’éternité qu’elle tire comme elle peut jusqu’à nous pour nous en donner un aperçu, un éclat, elle est seule habilitée à pouvoir le faire, peut-être à l’instar d’un Arthur Rimbaud, en son temps, parce que j’ai vraiment l’impression de lire un auteur dont on parlera plus tard comme un auteur majeur. Dieu sait si j’aime lire des histoires, si je n’apprécie que peu, voire pas du tout, les « auteurs » nombrilistes, le récit existentiel, tous ces textes complexes, aux symboles obscurs qui versent dans l’ « intimisme », une spécialité bien française, mais Christine Angot ce sera toujours un moment rare que d’entrer de plein fouet dans ses aventures.


Christine Angot lit "Le Marché des amants par lemondefr

Date de dernière mise à jour : 11/04/2012