Ce devait être une nouvelle, plutôt courte, je sortais du premier tome de Attention aux morts ; comme d'habitude chaque fois que la rédaction d'un roman se termine, j'ai le choix entre décrocher pour une courte période, ou repartir en voyage sans laisser une page blanche avoir le temps de se tourner. Sac de dictionnaires sur le dos, me voici repartis avec un film à transformer en mot ! Je souhaitais aborder un sujet loin des thèmes de la mort après la vie, des zombies, des héros "malgré-eux" bien décidés à survivre... Je me suis dit que broder une courte fiction alliant sensualité et magie noire, avec une pincée de poivre gothique, serait plutôt jubilatoire, oui, si j'étais sûr de voir lever la pâte...
Glyptic est arrivé tout doucement puis je me souviens avoir écrit très vite. Comme toujours, il y a le dilemme entre passer en mode « Je » ou en mode « Il », au final c'est le mode « Il » qui s'est allumé sur la table de mixage.
Dépeindre une jeune personne – plus vraiment fille, pas encore vraiment femme – m'a donné une sacrée bouffée d'oxygène après les aventures de Alain Leclerc et comparses au sein d'un hôpital infesté des morts vivants, c'était comme avoir un rencard surprise avec une amie de 20 ans et qu'elle me tienne au courant de ce fabuleux petit monde où chacun se croit invincible, éternel, qu'elle me dise grosso merdo ce que les jeunes de son âge pensent, vivent, ce qu'ils ressentent, bien plus que j'en voudrais savoir, mais comme les nanas sont du genre pipelette...
Je pensais m'attarder plus sur les technologies de communication qui, désormais, auraient pour but de lier les jeunes entre eux comme jamais et de ne plus les faire se perdre de vue. Les jeunes sont tout le temps penchés sur leur téléphone aussi brillant qu'un éclat de quartz rose mais ne devraient-ils pas lever le nez un peu plus histoire d'échanger à vive voix, d'aller voir un copain, une copine, de faire le voyage en bus, en voiture, à pied, bref : de se déplacer vraiment, savourer le voyage plutôt que de tout réduire à la facilité d'un SMS ou d'un message via le célèbre truc interplanétairement connu où tout le monde échange « liens », saute d'humeur, petit mot, photos, vidéos, onomatopées...
Mais je m'égare, revenons à Glyptic. Dans cette histoire le père de l'héroïne m'a donné du fil à retordre, disons qu'il m'agaçait avec son côté papa-poule mais je pense qu'il trouve toute sa substance par la suite, quelques pages plus loin... En imagination, les beaux quartiers style « Sept à la maison » se sont d'office imposés, ajoutez les rues perpendiculaires que l'on trouve dans quelque grande ville américaine, avec les squares çà et là, et le décor est planté ! Ce livre a été le dernier publié par les éditions Simpleedition,
, basées à Vancouver, au Canada, et c'est avec regret que l'éditeur a dû fermer boutique, peu de temps après. "A cause de votre bouquin ?", non (je souris) : le marché du livre est aussi difficile qu'il peut parfois réserver d'agréables surprises, la qualité des livres n'y est plus pour grand chose je pense, la multiplication de l' "entertainment" y est peut-être pour beaucoup plus, je parlais juste de cette petite maison d'édition pour dire qu'autour d'un texte les souvenirs, les anecdotes bref la Petite Histoire qui va avec est toujours en orbite, et ce durant très longtemps. Quoi d'autre ? Je me souviens d'une série de fautes d'accord assez agaçante, de celle qui vous fait passer une mauvaise nuit, style les accords en genre et en nombre avec le sujet si le complément d'objet direct est placés avant l'auxiliaire AVOIR, ah bon sang de bon soir, vive l'autoproduction dans ces cas-là, surtout quand elle vous permet de gommer ce genre de coquilles. Revenir sur ce genre d'erreur et autres fautes de frappe, ce n'est pas dénaturer l'oeuvre.